Un Marocain sur deux prend un antibiotique avant même de voir un médecin

Antibiotiques au Maroc : 1 patient sur 2 se traite seul | ZaidiLab
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Centre d’Analyses Médicales ZaidiLab, Tanger

Un Marocain sur deux prend un antibiotique avant même de voir un médecin

Ce réflexe paraît anodin. Il est en train de rendre nos antibiotiques inefficaces — et les analyses de laboratoire le montrent déjà, tous les jours.

Une fièvre, un mal de gorge, un enfant qui tousse. On passe à la pharmacie, on repart avec une boîte, on commence le soir même. Personne n’a de mauvaise intention : on veut aller mieux, et vite.

Le problème, c’est l’échelle. Le plan stratégique national marocain de lutte contre la résistance aux antimicrobiens rapporte que la moitié des patients utilisent un antimicrobien avant toute consultation. Et l’ordonnance ne corrige pas toujours le tir : une enquête menée auprès de 271 cabinets de médecins généralistes du secteur privé, représentative de l’ensemble du pays, montrait que 80 % des médecins prescrivaient systématiquement un antibiotique devant toute angine de l’enfant. À l’hôpital, les antibiotiques représentent à eux seuls plus du quart de la consommation de médicaments.

Un antibiotique ne fait rien contre un virus. Ni contre le rhume, ni contre la grippe, ni contre la grande majorité des angines et des bronchites.

Virus ou bactérie : deux maladies, un seul médicament pris au hasard

C’est la confusion de départ, et elle est très répandue. L’antibiotique tue des bactéries. Il n’a strictement aucune action sur un virus. Or les infections les plus fréquentes de l’hiver sont virales : rhume, grippe, la plupart des angines, la bronchite aiguë, la gastro-entérite courante.

Cette confusion n’est pas seulement celle des patients. Une enquête internationale publiée récemment, menée dans neuf pays dont le Maroc, a montré que 40,7 % des médecins interrogés continuaient de considérer les antibiotiques comme utiles dans les infections respiratoires hautes, alors même qu’une part d’entre eux en reconnaissaient l’origine virale.

Résultat : des millions de boîtes consommées pour des maladies qui auraient guéri seules — et des bactéries qui, elles, apprennent.

Les quatre gestes qui font le plus de dégâts

À ne jamais faire

  1. Acheter un antibiotique sans ordonnance. Ni la molécule, ni la dose, ni la durée ne peuvent être devinées à partir d’un symptôme.
  2. Arrêter dès qu’on se sent mieux. Les bactéries les plus fragiles meurent en premier. Celles qui restent sont précisément les plus résistantes — et on leur laisse le champ libre.
  3. Réutiliser un reste de boîte. Une molécule efficace il y a six mois sur une autre infection n’a aucune raison de l’être aujourd’hui.
  4. Donner à un enfant une dose adaptée à un adulte. Une dose insuffisante ne guérit pas et sélectionne des résistances ; une dose excessive expose à une toxicité.

La facture, nous la payons déjà

La résistance aux antibiotiques n’est pas une menace lointaine. Elle est mesurable, aujourd’hui, sur les paillasses des laboratoires marocains.

Pour les infections urinaires, les taux de résistance d’Escherichia coli à l’amoxicilline, seule ou associée à l’acide clavulanique, se situent entre 50 et 70 % en milieu hospitalier. Autrement dit : dans plus d’un cas sur deux, le traitement le plus prescrit ne fonctionne pas. Côté staphylocoques, des taux de souches résistantes à la méticilline de l’ordre de 50 % ont été relevés dans des services hospitaliers.

Concrètement, une infection urinaire banale peut aujourd’hui exiger une hospitalisation et un traitement par voie intraveineuse, parce que les comprimés ne suffisent plus. Ce n’est pas une projection : c’est la conséquence directe de ce que nous avons consommé.

Ce que le laboratoire change, très concrètement

La solution n’est pas d’avoir peur des antibiotiques. C’est de les utiliser en sachant ce qu’on traite. Trois examens suffisent à transformer une devinette en décision :

  • NFS et CRP. Une simple prise de sang oriente fortement vers une origine virale ou bactérienne — et évite souvent un antibiotique inutile.
  • La culture. Sur urines, gorge, plaie ou prélèvement génital, elle identifie la bactérie réellement en cause. Parfois, elle montre qu’il n’y en a pas.
  • L’antibiogramme. C’est l’examen décisif : on confronte la bactérie isolée à des dizaines d’antibiotiques et on mesure lesquels la détruisent vraiment. Le médecin ne choisit plus au jugé, il choisit sur preuve.

Deux situations où l’on ne devrait jamais traiter sans prélèvement

  • Infection urinaire récidivante : un ECBU avant de commencer, systématiquement.
  • Grossesse : le choix de la molécule est contraint, l’erreur se paie cher, le prélèvement est indispensable.

Un antibiogramme coûte une fraction d’un traitement inefficace suivi d’un second traitement, puis d’une hospitalisation. Et il protège une ressource collective : chaque antibiotique encore actif aujourd’hui l’est parce que quelqu’un, quelque part, ne l’a pas gaspillé.

Avant de traiter, faites identifier le germe

Le Centre d’Analyses Médicales ZaidiLab réalise cultures et antibiogrammes sur automate, avec validation par un médecin biologiste : urines, gorge, plaies, prélèvements génitaux, spermoculture.

  • Prélèvement à domicile ou à l’hôtel, 7 jours sur 7
  • Service d’urgence 24 h/24, sans rendez-vous

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Cet article a une vocation d’information et ne remplace pas une consultation médicale. N’arrêtez jamais un traitement antibiotique prescrit sans l’avis de votre médecin.

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